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PISA 2025 : à Strasbourg, nous refusons la fatalité du déclin scolaire

il y a 7 heures
4 min de lecture

Les résultats de PISA 2025 doivent nous interpeller. En France, les performances des élèves de 15 ans reculent à nouveau en mathématiques et en compréhension de l'écrit. Ce sont les plus faibles jamais enregistrées par PISA dans notre pays. Depuis 2015, la proportion d'élèves en difficulté a augmenté de 12 points en mathématiques et de 11 points en compréhension de l'écrit.

Et derrière la question du niveau se trouve toujours celle des inégalités. En sciences, qui constituaient le domaine principal de PISA cette année, 100 points séparent en France les 25 % d'élèves les plus favorisés des 25 % les plus défavorisés, contre 85 points en moyenne dans l'OCDE. 100 points, c’est l’équivalent de cinq ans d’apprentissage. C’est le même écart entre la France, 27ème du classement, et Singapour qui est en tête.

Ces résultats ne doivent conduire ni au catastrophisme ni à la résignation. Ils doivent nous conduire à agir.

Bien sûr, une ville ne définit ni les programmes scolaires, ni les méthodes pédagogiques, ni les moyens de l'Éducation nationale. Mais considérer que les apprentissages ne seraient pas aussi l'affaire de la Ville serait une erreur.

Parce qu'un enfant n'apprend pas seulement pendant les heures de classe. Parce que son accès aux livres, à la culture, aux sciences ou au sport compte. Parce que ses conditions de logement et la situation économique de sa famille comptent. Parce que la qualité de son école, de sa cantine et de son périscolaire compte.

La réussite d'un enfant se construit dans tout son environnement. Et sur cet environnement, la Ville peut agir.


Remettre les savoirs et la lecture au cœur de notre politique éducative


La dégradation de la compréhension de l'écrit est particulièrement préoccupante. En 2025, seuls 67 % des élèves français atteignent au moins le niveau de base en compréhension de l'écrit, contre 69 % dans l'OCDE.

Nous voulons donc faire du livre et de la lecture un axe majeur de notre politique éducative.

Dès cette rentrée, nous encourageons les élèves de CP à obtenir leur carte de médiathèque, avec l'objectif qu'elle puisse demain leur être remise automatiquement et gratuitement le plus rapidement possible. Nous voulons renforcer les bibliothèques scolaires et les liens entre écoles et médiathèques, mais aussi continuer à offrir des livres aux enfants.

Car posséder ses propres livres, pouvoir entrer naturellement dans une médiathèque, découvrir le plaisir de lire dès l'enfance : cela aussi participe à l'égalité des chances.

Nous voulons porter la même ambition pour les sciences, les mathématiques et le raisonnement, en mobilisant davantage les formidables ressources scientifiques, universitaires et culturelles de Strasbourg.


Faire de tous les temps de l'enfant des temps de découverte


Le périscolaire ne doit pas être simplement un temps pendant lequel on garde les enfants en attendant leurs parents.

Nous voulons en faire toujours davantage un temps éducatif complémentaire de l'école, avec plus d'activités artistiques, scientifiques, culturelles et sportives, en nous appuyant notamment sur les associations, les centres socioculturels et les nombreux acteurs de notre territoire.

L'objectif est simple : qu'un enfant puisse découvrir une pratique sportive, réaliser une expérience scientifique, rencontrer un artiste, entrer dans une bibliothèque ou découvrir un spectacle indépendamment de ce que ses parents ont les moyens de lui proposer.

C'est aussi cela, réduire les inégalités.


Agir sur ce qui empêche parfois d'apprendre


PISA nous rappelle une réalité que nous connaissons : en France, le milieu social continue de peser fortement sur la réussite scolaire.

Une municipalité ne peut pas tout résoudre. Mais elle peut éviter d'ajouter des inégalités aux inégalités.

C'est le sens de notre engagement en faveur de la gratuité des fournitures scolaires à partir de la rentrée 2027, dont nous préparons dès maintenant la mise en œuvre avec la communauté éducative.

C'est aussi le sens de la gratuité des places disponibles en accueil de loisirs pour les familles sans ressources, du renforcement de l'accompagnement des parents et, plus largement, de toutes les politiques qui permettent d'améliorer le pouvoir de vivre des familles.

Car les politiques éducatives, sociales et familiales ne peuvent pas être pensées séparément.


Des écoles qui donnent envie d'apprendre


Enfin, les conditions matérielles dans lesquelles les enfants et leurs enseignants passent leurs journées sont essentielles.

Nous continuerons donc à investir fortement dans nos écoles : rénovation et adaptation au changement climatique, accessibilité, végétalisation et désimperméabilisation des cours, restauration scolaire, nouveaux espaces pédagogiques…

Investir dans une école, ce n'est jamais seulement investir dans des murs. C'est investir dans les conditions d'apprentissage des enfants et dans les conditions de travail de celles et ceux qui les accompagnent.


Retrouver une ambition collective pour l'école


Les résultats de PISA ne donnent évidemment pas une recette miracle. Ils nous disent en revanche quelque chose de fondamental : le recul n'est pas une fatalité. Certains systèmes éducatifs réussissent à obtenir de meilleurs résultats et certains sont parvenus à progresser. L'OCDE souligne elle-même que les tendances observées ne sont pas inéluctables.

À Strasbourg, nous voulons prendre notre part.

Ce sera aussi tout l'enjeu des Assises de l'éducation : réunir enseignants, parents, enfants, agents, associations et partenaires pour construire notre projet éducatif et nous demander collectivement ce que nous pouvons faire de mieux pour la réussite de chaque enfant.

L'éducation et les savoirs sont notre première richesse. Je souhaite que chaque petite Strasbourgeoise et chaque petit Strasbourgeois, quel que soit son quartier, son histoire ou la situation de sa famille, puisse apprendre, découvrir, s'émanciper et réussir.

L'école publique est notre fierté. Sa réussite doit être notre ambition collective.


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