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Intervention en conseil municipal sur la gratuité des accueils de loisirs pour les enfants en situation de grande précarité

22 juin
3 min de lecture

 

Depuis plusieurs années, nous portons une conviction simple : aucun enfant ne doit être privé de ses droits fondamentaux en raison de la précarité de sa situation familiale.

Lors du précédent mandat, nous avions obtenu la mise en place de la gratuité de la restauration scolaire pour les enfants vivant dans des situations de grande précarité ou sans solution de logement stable. Cette avancée importante répondait à un besoin essentiel : garantir à chaque enfant l’accès à un repas équilibré et à un cadre protecteur tout au long de l’année scolaire.

Nous avions alors également demandé que ces mêmes enfants puissent bénéficier gratuitement des accueils de loisirs municipaux pendant les vacances scolaires. Car lorsque l’école ferme ses portes, ces enfants perdent souvent bien davantage qu’un lieu d’apprentissage : ils perdent un espace de protection, de socialisation, d’activités éducatives et parfois même de stabilité dans leur quotidien.

Cette proposition avait été formulée à plusieurs reprises lors du précédent mandat. Elle n'avait jamais été retenue. Quelques mois auront suffi pour démontrer qu'elle était pourtant réalisable.

En effet, dès notre arrivée aux responsabilités, nous avons souhaité reprendre ce travail et faire de cette mesure une priorité. Nous avons donc engagé les services municipaux afin de construire un dispositif solide, opérationnel et adapté aux besoins des familles concernées.

Dès les vacances d’avril, une première étape a été mise en œuvre. Aujourd’hui, nous allons plus loin en pérennisant et en renforçant ce dispositif pour les vacances d’été.

Concrètement, les enfants de 6 à 11 ans vivant dans des situations de grande précarité pourront bénéficier gratuitement des accueils de loisirs municipaux pendant les vacances scolaires. Ils auront ainsi accès à des activités éducatives, culturelles, sportives et de loisirs dans un environnement sécurisé et bienveillant. Le repas du midi sera également pris en charge.

Pour assurer l’efficacité du dispositif, la Ville travaillera en étroite collaboration avec les associations qui accompagnent au quotidien les familles concernées. Leur rôle sera essentiel pour identifier les besoins, relayer l’information et faciliter l’accès à ce droit.

Cette mesure répond également à un principe de bonne gestion des ressources publiques. Dans de nombreux accueils de loisirs, des places restent vacantes. Les équipes d’animation sont déjà mobilisées pour accueillir les enfants inscrits et ces capacités existent. Il est donc à la fois socialement juste et économiquement pertinent de permettre à des enfants qui en ont le plus besoin d’occuper ces places disponibles plutôt que de les laisser inutilisées.

Au-delà de son aspect pratique, cette décision traduit une ambition politique forte : faire vivre concrètement les droits de l’enfant. Le droit au repos, aux loisirs, aux activités éducatives, à la protection et à l’épanouissement ne doit pas dépendre des revenus des parents ou de leurs conditions de logement.

Derrière ce texte, il y a des enfants bien réels. Des enfants qui vivent dans des hébergements d'urgence ou dans des situations de très grande précarité.

Pendant les vacances, eux aussi ont besoin de jouer, de rire, de découvrir, de pratiquer un sport, de participer à une sortie, de vivre tout simplement leur enfance.

Mais il y a plus encore.

Car c'est souvent dans ces moments-là que se créent les premières amitiés. C'est souvent là que l'on découvre de nouveaux horizons, de nouvelles activités, de nouvelles envies. C'est souvent là aussi que l'on prend confiance en soi et que l'on commence à s'affranchir des déterminismes sociaux qui enferment trop souvent les enfants dans la condition où ils sont nés.

Un accueil de loisirs n'est pas seulement un service municipal. C'est un lieu de rencontre, de mixité, d'apprentissage et d'émancipation. A cet égard je souhaite remercier mon collègue Mourad Oualit, adjoint à la jeunesse, à la vie associative et à l’éducation populaire de permettre de poursuivre cette démarche pour les enfants au delà de 6 ans grâce à son travail avec les associations. 

En ouvrant gratuitement ces accueils aux enfants les plus vulnérables, nous ne leur offrons pas simplement quelques journées de vacances. Nous leur donnons davantage de chances de grandir avec les autres, de trouver leur place parmi les autres et de construire leur avenir avec les autres.

Au fond, c'est aussi cela l'intégration républicaine : permettre à chaque enfant, quelles que soient ses difficultés, de partager les mêmes expériences, les mêmes jeux, les mêmes découvertes et les mêmes rêves.

C'est ce droit à l'enfance, mais aussi ce droit à l'avenir, que nous choisissons aujourd'hui de garantir.


 
 
 

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